Lymphomes de Hodgkin

La moelle osseuse, substance graisseuse située à l’intérieur des os, est le site de production des cellules sanguines, à savoir les plaquettes, les globules rouges et les globules blancs.Il existe différents types de globules blancs dont les lymphocytes qui sont les cellules responsables de la réponse immunitaire.

Tous les lymphocytes prennent naissance dans la moelle osseuse puis se différencient. Libérés dans le sang, ils migrent vers les organes lymphoïdes qu’ils colonisent. Ces organes lymphoïdes sont essentiellement représentés par les ganglions lymphatiques, la rate et les amygdales, mais du tissu lymphoïde est également présent dans de nombreux autres organes tels que le foie, le poumon… Les lymphocytes sont susceptibles de prolifération maligne. Quand cette prolifération prend naissance dans la moelle osseuse, on parle de leucémie ; si elle se développe à partir des organes lymphoïdes extra-médullaires, c’est un lymphome. Le premier lymphome a été décrit au début du XIXe siècle par le docteur Hodgkin. D’autres types de lymphomes, différents de la « maladie de Hodgkin » furent caractérisés par la suite et regroupés sous l’intitulé « lymphomes non-hodgkiniens ». Le lymphome de Hodgkin est un cancer qui se voit chez l’adolescent et le jeune adulte. La prolifération des cellules cancéreuses dans les ganglions lymphatiques va entraîner une augmentation de taille de ceux-ci, signe d’alerte motivant la consultation chez un médecin. L’évaluation précisera si ce lymphome est localisé au niveau d’un ganglion, s’il intéresse plusieurs territoires ganglionnaires ou s’il est déjà disséminé à d’autres organes tels que le foie, la rate…

Les lymphomes sont très sensibles à la radiothérapie et les effets bénéfiques de ce traitement étaient déjà reconnus au début du XXe siècle. C’est avec le développement des techniques de radiothérapie moderne que les premiers cas de guérison de maladie de Hodgkin sont rapportés dans les années 1950 : il s’agissait de lymphomes localisés et le taux de guérison était de 80 %. L’avènement de la chimiothérapie dans les années 1950 permet de contrôler les stades avancés de la maladie. L’association de chimiothérapie et de radiothérapie permet d’obtenir la guérison de ces stades avancés dans 50 % des cas dans les années 1960. Ces deux traitements non dénués de toxicité étaient entre autre responsables de la survenue d’une stérilité souvent définitive. L’étape ultérieure fut alors de combiner les deux types de traitement en diminuant la dose d’irradiation et l’importance de la zone à irradier tout en soumettant le patient à une polychimiothérapie reconnue comme moins toxique sur le système reproducteur. Cette approche donna entière satisfaction, permettant de maintenir des chiffres de guérison élevés tout en préservant la fertilité. A ce jour, il n’y a pas d’étude européenne pour la prise en charge thérapeutique des patients pédiatriques alors que pour les tumeurs du rein, par exemple, qui ont une fréquence similaire à celle de la maladie de Hodgkin, de tels protocoles ont été en place dès les années 1970. Les différentes études publiées sur le traitement de la maladie de Hodgkin pêchent par le nombre réduit de patients inclus dans chacune d’elles, ce qui grève la validité de tel ou tel autre protocole thérapeutique. Une étude multicentrique européenne devrait voir le jour en 2008. Si une telle collaboration entre les différents centres européens avait existé dès les années 1970, l’étude aurait déjà abouti et les avancées thérapeutiques tirées de cette collaboration seraient actuellement disponibles.

La maladie de Hodgkin est maintenant curable dans plus de 90 % des cas, avec des chiffres avoisinant les 100 % en cas de maladie localisée. Le défi n’est donc plus de guérir cette maladie, mais de la guérir avec une toxicité et un coût de traitement moindres.

Olivier, 23 ans

Olivier, 23 ans
lymphome de Hodgkin diagnostiqué
en mars 1999 à l’âge de 13 ans et
demi ; traité pendant 6 mois par
chimiothérapie et radiothérapie.
Aujourd’hui, Olivier travaille dans une
entreprise de recyclage. Il est père
de 2 enfants, une fille et un garçon.

Lidvine, 20 ans

Lidvine, 20 ans lymphome diagnostiqué
en 2003 à l’âge de 16 ans,
traitée pendant 7 mois
par chimiothérapie
et radiothérapie.
Aujourd’hui, Lidvine est
mère d’un petit garçon.

Olivier et Lidvine se présentent tous deux chez leur médecin pour le même motif de consultation. Ils ont remarqué récemment la présence d’une tuméfaction au niveau du cou : il s’agit de gros ganglions. La mise au point conduit au diagnostic de maladie de Hodgkin. Chez Lidvine, la maladie est localisée ; chez Olivier il y a déjà une extension à d’autres territoires ganglionnaires situés au niveau du thorax et de l’abdomen. Le moyen diagnostic a été dans les deux cas la biopsie d’un ganglion du cou. Lidvine et Olivier recevront 4 mois de chimiothérapie et une irradiation locale. Le traitement d’Olivier sera complété par une irradiation thoracique et abdominale. Huit ans après, Olivier devient papa et Lidvine met au monde son premier enfant 4 ans après la fin du traitement de sa maladie.

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