Tumeurs cérébrales

Les tumeurs cérébrales sont, après les leucémies, les cancers les plus fréquents chez l’enfant. Le cancer du cerveau est le seul cancer qui s’observe à fréquence égale tout au long de l’enfance.

La particularité des tumeurs cérébrales est qu’elles peuvent intéresser n’importe quelle région du cerveau et avoir suivant leur localisation des spécificités thérapeutiques et pronostiques. Chez l’enfant, le tissu cérébral est particulièrement vulnérable. En effet, le cerveau est un organe dont la croissance se poursuit jusqu’à l’âge de 6 ans et, dès lors, toute pathologie tumorale cérébrale peut grever l’avenir neuro-intellectuel de l’enfant. Dans plus de 1/4 des cas, le diagnostic est fait tardivement, plus de 6 mois après l’apparition des premiers symptômes. C’est la « banalité » de ces symptômes qui rend compte du retard au diagnostic: des troubles de l’équilibre chez un nourrisson qui fait maladroitement ses premiers pas, des vomissements, l’apparition d’un strabisme, une diminution de l’acuité visuelle… C’est la persistance de ces symptômes qui va amener au diagnostic de tumeur cérébrale.

Dans la majorité des cas, la chimiothérapie ne suffit pas à guérir une tumeur cérébrale. Quant à la radiothérapie, elle doit, pour être efficace, être délivrée à des doses importantes au niveau tumoral et, à ces doses, elle est également toxique au niveau du tissu cérébral sain. La troisième arme thérapeutique, la chirurgie, a dès lors une place prépondérante car une résection complète de la tumeur augmente les chances de guérison. L’utilisation de ces traitements est modulée selon le type de la tumeur et l’âge de l’enfant: la toxicité de la radiothérapie sera plus importante chez le nourrisson et le petit enfant et on essaie,quand c’est possible, de la remplacer par de la chimiothérapie. Le développement de nouvelles techniques de radiothérapie couplées à une imagerie tumorale sophistiquée devrait permettre d’irradier uniquement la partie malade en préservant le cerveau sain avec des séquelles minimes même chez le petit enfant.

Les progrès réalisés dans le traitement des cancers du cerveau sont loin d’égaler ceux enregistrés dans les leucémies ou les autres tumeurs solides malignes. Malgré une chirurgie plus performante, une radiothérapie plus ciblée et une chimiothérapie plus efficace, il y a encore beaucoup de tumeurs cérébrales incurables ou qui ne guérissent qu’au prix d’importantes séquelles. Ces cancers sont actuellement une cible privilégiée pour l’évaluation de nouveaux médicaments ou de nouveaux types de traitements. Le cerveau est également un organe hébergeant des structures qui contrôlent l’équilibre hormonal et la croissance. Si ces structures sont lésées, elles ne sont plus fonctionnelles et rendent nécessaire la mise en route d’un traitement substitutif pour apporter à l’enfant les hormones qu’il ne peut plus produire.

Benoît, 26 ans

Benoît, 26 ans
tumeur cérébrale diagnostiquée
en 1988, à l’âge de 7 ans, traitée
pendant 1 an par chirurgie,
radiothérapie et chimiothérapie.
Aujourd’hui, Benoît est
manutentionnaire.

Benoît a 7 ans quand on diagnostique chez lui un médulloblastome. Dix mois auparavant il était évalué par un neuropédiatre pour des troubles de l’écriture et pris en charge par un logopède. Quatre mois plus tard, lors de l’été 1988, il passe un examen médical de routine afin de pouvoir intégrer un club de football. Le médecin remarque la présence de troubles de l’équilibre et de la marche. C’est finalement l’entraîneur qui refusera de le sélectionner comme joueur car, disait-il, « il ne tenait pas debout ». Fin septembre 1988, la marche devient de plus en plus difficile et des vomissements apparaissent. L’évaluation radiologique faite en urgence montre la présence d’une volumineuse tumeur au niveau du cerveau. Cette tumeur sera opérée 3 jours plus tard: il s’agit d’un médulloblastome nonmétastatique, tumeur qui ne peut être guérie par la chirurgie seule. Benoît est traité suivant le protocole européen en vigueur à l’époque. Il reçoit une radiothérapie pendant 6 semaines suivie de chimiothérapie administrée pendant 9 mois. Un traitement substitutif par hormones de croissance lui permet de continuer à grandir normalement. Les troubles de la marche se corrigent lentement au fil des années. Benoît abandonne l’idée d’intégrer une équipe de football mais se joint à la fanfare locale pour jouer du saxophone.

Vinciane, 22 ans

Vinciane, 22 ans
opérée en 1996 à l’âge de 10 ans d’une tumeur au cerveau. Traitement postopératoire ayant consisté
en 6 semaines de radiothérapie
et 10 mois de chimiothérapie. Aujourd’hui, Vinciane est en
2ème année d’école infirmière.

Lors d’un examen de routine pour myopie, l’ophtalmologue de Vinciane suspecte la présence d’une hypertension intracrânienne débutante. Il demande à revoir l’enfant 2 semaines plus tard. Vinciane se plaint d’une faiblesse au niveau de la jambe, 2 jours avant l’examen ophtalmologique de contrôle. Ce dernier confirme l’existence d’une hypertension intracrânienne. Vinciane est confiée à un neurologue et, dans les 24 heures, une imagerie est pratiquée qui met en évidence une volumineuse tumeur cérébrale. En quelques heures, l’état de conscience de l’enfant se dégrade et une chirurgie est pratiquée en urgence. La tumeur est complètement réséquée, l’analyse histologique montre qu’il s’agit d’un cancer agressif justiciable d’une radiothérapie de 6 semaines suivie de cures mensuelles de chimiothérapie pendant 10 mois. Bonne élève jusqu’au moment du diagnostic, Vinciane éprouve quelques difficultés à l’école par la suite mais termine ses études secondaires. Elle suit actuellement des études d’infirmière.

Mélanie, 19 ans

Mélanie, 19 ans
tumeur des voies optiques à l’âge
de 11 ans et demi, traitée par 18
cures de chimiothérapie mensuelle.
Aujourd’hui, Mélanie est en école
professionnelle, orientation
restauration pour collectivité.

Mélanie présente depuis l’âge de 9 ans des troubles visuels pour lesquels elle consulte différents spécialistes. Sa vue continue à se détériorer malgré le port de verres correcteurs et ce n’est finalement qu’après 2 ans qu’un ophtalmologue suspecte la présence d’une tumeur cérébrale. Ceci est confirmé par l’imagerie qui révèle une tumeur frontale infiltrant les deux nerfs optiques. Au moment du diagnostic, Mélanie ne voit quasiment plus de son œil gauche. Une chimiothérapie est mise en route et une amélioration de la vue sera obtenue en quelques semaines. Actuellement, il persiste une diminution du champ visuel qui ne devrait pas constituer un handicap majeur dans les activités d’hôtellerie et de restauration auxquelles Mélanie se destine.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Tags:

Toutes les histoires